X

Les Traouïeros à Ploumanac’h, Yvonne JEAN-HAFFEN

Musée de Dinan

Dinan

Beaux-arts - Patrimoine maritime
Yvonne Jean-Haffen, Les Traouïeros à Ploumanac'h, gouache sur papier, collection Ville de Dinan – Musée Yvonne Jean-Haffen

Si les paysages maritimes bretons se caractérisent par le saillant des caps et des pointes (le Cap Fréhel, la Pointe du Grouin, entre autres exemples), ils se singularisent aussi par les incisions profondes que forment les rias, les abers, les vallées fluviales où la mer remonte à chaque marée.

« La mer ne se contente pas de ciseler la Bretagne, comme l’écrit Anatole Le Bras, elle la pénètre, elle y pousse son flot, elle l’y insinue, elle l’y infuse, comme un jet de sang vital, par les vingt, les trente estuaires, aigus et secrets, qui établissent une véritable circulation marine jusque dans les entrailles mêmes de la terre bretonne ».

 

Yvonne Jean-Haffen, Les Traouïeros à Ploumanac’h, gouache sur papier, collection Ville de Dinan – Musée Yvonne Jean-Haffen

 

Cette pulsation des marées est commune à l’ensemble de la façade atlantique, mais elle se ressent particulièrement dans les estuaires et les baies, songeons à l’estuaire du Couesnon et à la baie du Mont-Saint-Michel qui fonctionnent comme des entonnoirs et amplifient le « marnage », autrement dit la différence de niveau entre la marée haute et la marée basse. La baie du Mont-Saint- Michel est connue pour son puissant marnage pouvant atteindre les 15 mètres. C’est le marnage le plus grand d’Europe après celui de la baie de la Severn, au Royaume-Uni.

 

Ploumanac’h, par Raphaël Louis Félix Binet, coll. Musée de Bretagne  ©

 

Sur les côtes, les limites des plus hautes et des plus basses marées forment un espace, l’estran, propice notamment à l’ostréiculture. La pulsation des marées décrite par Anatole Le Bras se fait également ressentir dans la vallée des Traouïeros séparant les communes de Perros-Guirec et Trégastel, en amont du port naturel de Ploumanac’h.

 

Traouiros, Ploumanac’h, 1943, Yvonne-Jean-Haffen, gouache sur papier, musée des Beaux-Arts de Brest © Jacques Bocoyran

 

Ce site exceptionnel a beaucoup suscité l’intérêt d’Yvonne Jean-Haffen. Vers 1943, l’artiste lui consacre l’un des décors qu’elle destine à l’Institut de géologie de Rennes, dans une palette de bruns et de gris. Un peu plus tard, elle peint à nouveau la vallée des Traouïeros, cette dans un format vertical, ayant recourt à une palette de couleurs bien plus franche (rouge-corail, bleu-azur, vert-émeraude…).

Sont réunis ici les éléments constitutifs de l’archétype du paysage breton : la lande peuplée d’ajoncs et de pins, les rochers de granit, plus loin la digue conduisant au moulin à marée et, à l’horizon, le petit port de Ploumanac’h.

 

Le service des musées de Dinan