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Paire de « putaï » montés

Musée de la Compagnie des Indes

Port-Louis

Histoire - Arts décoratifs
Paire de putai montés, musée de la Compagnie des Indes, © G.Broudic

Un « putaï » ou « Bouddha rieur », est une représentation récurrente dans la tradition populaire asiatique. Putaï est un moine bouddhiste qui a vécu au début du Xe siècle. Cette figure est généralement représentée souriante, le ventre opulent apparent, assise en tailleur. Elle évoque la générosité, le contentement, l’abondance. Cette paire de putaï en porcelaine d’un bleu céleste, acquise par le musée de la Compagnie des Indes en 2019, a été réalisée en Chine sous la période dite de « Kangxi », du nom de l’empereur qui régna entre 1662-1722. A l’origine, elles n’étaient pas « montées », c’est à dire enchâssées ainsi dans de l’orfèvrerie..

Au XVIIIe siècle, la mode de l’enchâssement, née à la Renaissance, réapparaît. Il s’agissait pour les orfèvres, de magnifier et de protéger des objets rares et précieux en les enchâssant dans des montures de métal précieux. Cette mode reprend vie avec le style rococo, en vogue sous le règne de Louis XV, notamment autour de chinoiseries. Ici, la monture en bronze doré a surement été réalisée vers 1750 autour des figurines importées auparavant de Chine afin de réaliser des candélabres. Des fleurs en porcelaine dite « de Meissen » (en Allemagne), y ont été associées.

A l’époque, les objets d’art chinois -ou « chinoiseries »- arrivaient par milliers dans les ports européens par l’intermédiaire des compagnies des Indes. Objets de laque, soieries ou encore porcelaines étaient vendus par les marchands-merciers, seuls autorisés à ce commerce. Les objets étaient collectionnés et évoquaient un Orient fantasmé. On appelait alors ce goût pour les objets chinois le « lachinage ». Bien en chair, ces putaï évoquaient fantaisie et exotisme dans les intérieurs de la société aisée du XVIIIe siècle et révèlent l’intérêt qu’avait celle-ci pour un certain hédonisme.