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Amarrer à l’ombre, œuvres de Gabrielle Manglou

Exposition

@ Gabrielle Manglou



L’exposition Amarrer à l’ombre, œuvres de Gabrielle Manglou, est le fruit du partenariat entre La Criée centre d’art
contemporain de Rennes et le musée national de la Marine. Ensemble, ils ont invité l’artiste Gabrielle Manglou dans le cadre de la troisième édition du
programme Territoires EXTRA.

À partir d’un projet spécialement imaginé pour la citadelle de Port-Louis, Gabrielle Manglou en a investi l’espace de la poudrière. Cette exposition est le résultat de son travail de recherche et de création réalisé pendant deux mois de résidence à
la citadelle.

L’histoire qui relie Port-Louis à l’île de La Réunion, dont est originaire Gabrielle Manglou, sert de toile de fond à ses recherches : aux XVIIe
et XVIIIe siècles, de nombreux Port-Louisiens ont embarqué sur les navires de la Compagnie des Indes et ont fait escale à La Réunion. Certains d’entre eux se sont même définitivement installés sur cette île où se ravitaillaient les navires français en route vers l’Extrême-Orient.

Explorations navales, conquêtes de nouveaux territoires, histoire coloniale : l’artiste s’attache aux liens inattendus entre Port-Louis et La Réunion. Elle donne voix aux récits des objets qui se perdent dans les mailles de l’Histoire qu’elle appelle les « témoins muets » de la culture.

Le titre de l’exposition, Amarrer à l’ombre, est une référence explicite au lexique de la navigation et à la vocation maritime de la citadelle. En langue créole
réunionnaise, cette expression renvoie à la notion d’attachement. Elle est reliée à la pratique artistique de Gabrielle Manglou qui procède en rhizome — structure en évolution permanente, dans toutes les directions et sans hiérarchie —, cherche à réunir des objets en apparence éloignés et les organise en systèmes d’associations.

Ainsi, l’artiste nous invite à un « amarrage poétique », où l’ombre — ombre protectrice du climat tropical de La Réunion ou celle des hauts remparts
de la citadelle — se joue de son opposition avec la lumière, métaphore du visible et de l’invisible. Plier-déplier, couvrir-révéler, creuser- remplir, impliquer-expliquer, coudre- défaire, unir-détacher sont autant de gestes qui se font écho dans le répertoire visuel de l’artiste.

L’installation, conçue pour la poudrière de la citadelle, condense son geste artistique dans un ensemble de formes hétéroclites où chaque œuvre est éclairée par le lien qu’elle entretient avec celles qui l’entourent. Les objets, formes et assemblages dialoguent sur des plateformes, comme autant d’îlots flottants dans l’espace. Les objets-repères, comme le quadrillage des plateformes, représentent les marqueurs qui permettent de s’orienter dans ce vocabulaire inédit.

Cordages et attaches symbolisent des objets universels dont la fonction primaire est celle de réunir. Ce sont des objets- références, à l’instar des coquillages qui ont traversé les époques et les cultures : premières monnaies d’échange mais aussi signes tangibles de prospérité et de puissance. Dans ce parcours, Gabrielle Manglou, s’inspirant du passé commun de Port- Louis et de l’île de La Réunion, nous invite à découvrir une cartographie inédite. Elle ouvre de nouvelles pistes et démêle les fils invisibles de l’histoire où « nous devinons que nous suivons une trace ».