X

Le Musée Bigouden propose de (re)découvrir ses expositions en ligne

Le Musée Bigouden de Pont-L'Abbé a récemment mis en place des visites virtuelles en ligne qui permettent de redécouvrir les précédentes expositions organisées au Musée. On peut ainsi se plonger dans la visite virtuelle de l'exposition L’épopée bigoudène du [...] prêt-à-porter – 1950/1980, qui s'est terminée en octobre dernier.  À travers une scénographie originale présentant objets textiles, machines à broder, iconographie et témoignages, l’exposition plonge le visiteur dans la seconde moitié du XXe siècle, période haute en couleur et permet de saisir l’ampleur de cette singulière épopée. Il est également possible de se replonger dans l'exposition Les Bigoudens, marchands et faiseurs de mode 1750 – 1900,  présentée en 2019. L’exposition évoque les provenances des importations, les circuits commerciaux, les marchands mais fait surtout la part belle au textile, à l’accumulation de matériaux – draps, soieries, rubans, perles de verre… – et à ces chatoyantes modes bigoudènes du XIXe siècle. Enfin, le musée propose de visiter les espaces d'exposition du musée tels qu'ils étaient en 2018 avant la refont des salles opérée en 2019... De quoi patienter en attendant la réouverture du musée au printemps 2021
PLUS
MOINS

Gardiens, à table : l’exposition s’invite sur vos écrans !

L’équipe en charge du projet du Centre national des Phares propose en accès libre le contenu de son exposition Gardiens, à table !. De quoi prendre du recul sur la notion de confinement ! Découvrez ci-dessus le film réalisé pour cette exposition, conçue par le [...] Centre national des Phares en collaboration avec le Parc Naturel Régional d’Armorique, et soutenue par le Ministère de la Culture. La création sonore et visuelle a été réalisée par Victor Blanchard de l’association Longueur d’Ondes et Eymeric Jacquot du Centre national des Phares. La mise en accès libre du contenu des Gardiens, à table ! a été possible grâce aux personnes et structures suivantes : 1+1 produtions ; La Cinémathèque de Bretagne ; L’INA - délégation INA Loire Bretagne ; L’agence La Collection ; L’association Etats des Lieux ; L’association Longueurs d’Ondes ; Les Iliennes, éditions. Mais aussi : Victor Blanchard, Louis Cozan, Romain Crozon, Anouk Edmont, Pierrick Guillou, Juliette Labuche Frank Vignault et Jean-Manuel Warnet. Découvre l'article complet concernant cette mise en ligne sur le site internet du Département du Finistère
PLUS
MOINS

Le Musée de Dinan à la recherche d’un nouvel écrin

Le Musée de Dinan est un équipement municipal qui appartient à la commune nouvelle Dinan-Léhon (14 166 habitants) située à proximité du Mont-Saint-Michel, de Saint-Malo et de Dinard sur un territoire, en conséquence, très touristique. Ses 177 années d’existence font de ce musée l’un des plus anciens de Bretagne, aujourd’hui à la croisée des chemins et à la recherche d’un nouvel écrin.   Présentation du Musée de Dinan Le Musée de [...] Dinan est un musée de création ancienne, fondé en 1843, à partir de la collection personnelle d’un érudit italien installé à Dinan : Luigi Odorici. Autrefois musée encyclopédique, il réunit aujourd’hui des collections de natures fort diverses : passant de l’archéologie aux beaux-arts, de l’ethnographie extra-européenne à l’ethnographie locale, en incluant aussi de nombreux spécimens d’histoire naturelle. Vue ancienne des espaces d’exposition permanents du musée de Dinan dans le donjon du château © Service des Musées de Dinan Initialement, il est installé au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville de Dinan, puis, en 1908, il est transféré dans le château de la ville où il demeure plus d’un siècle. Les exigences en matière d’accueil des publics et de conservation des collections évoluant, la Ville de Dinan constate, au début des années 2000, que le château n’est plus en mesure de répondre à sa fonction de musée. La conservatrice de l’époque, Brigitte Richard, va même plus loin en soulignant que les collections exposées et l’architecture du château ont tendance à se neutraliser plutôt qu’à se valoriser mutuellement. Elle est la première à proposer de retirer les collections du château et de dissocier les deux entités. Parallèlement à ce constat, démarre le chantier des collections avec, pour point de départ, un chantier-école de l’Institut National du Patrimoine. Cette première étape est l’occasion d’aménager des réserves, de conditionner une partie des collections, et d’informatiser l’inventaire grâce au logiciel Micromusée. À la même époque, l’équipe du musée se voit confier la gestion d’un second site patrimonial : la Maison d’artiste de La Grande Vigne, devenu depuis Musée Yvonne Jean-Haffen. Vue de la maison d’artiste de la Grande Vigne, Musée Yvonne-Jean-Haffen © Service des Musées de Dinan © Service des Musées de Dinan Aujourd’hui, le chantier des collections est toujours en cours, environ 80% des collections ont été traitées. Quant au musée à proprement parlé, il est à la croisée des chemins. L’élection d’une nouvelle équipe municipale en 2014 acte définitivement la séparation du château et du musée. La nouvelle municipalité décide alors de valoriser le château pour ce qu’il est : un très beau témoignage de l’architecture princière du XIVe siècle. Une fois prise cette décision politique, de proche en proche, les collections quittent le château pour être placées en réserves tandis qu’une réflexion sur la relocalisation du musée et sur un projet scientifique et culturel (PSC) est lancée.   Les prémices du projet La mise en place d’un comité scientifique Pour accompagner le service des musées dans sa réflexion sur la relocalisation du musée et sur son PSC, la Ville de Dinan décide de mettre en place, en février 2017, un comité scientifique, composé à la fois de professionnels du secteur des musées et d’élus communaux. Ce comité scientifique présente le double intérêt de poser un regard neuf sur les collections du musée et d’être un lieu de débat. La rédaction de la première partie du PSC Accompagné de ce comité scientifique, j’ai débuté, en 2017, la rédaction du PSC, sachant que le Musée de Dinan n’était, jusque-là, encadré par aucun PSC. Mais sans vœu formé clairement par la municipalité et sans lieu affecté au musée, la tâche était ardue, j’ai donc commencé par ce qu’il m’était possible de faire : l’état des lieux. Fort heureusement, Brigitte Richard et Florence Rionnet, qui m’ont précédé à ce poste, avaient déjà réalisé un travail conséquent sur l’histoire du musée et sur ses collections. La première partie du PSC est désormais écrite, elle s’attache à décrire le contexte général et local du nouveau musée, à retracer l’histoire de l’institution, et à faire le point sur son statut et sa gestion. Cette première partie vise, en outre, à décrire l’ensemble des collections (typologie, nombre d’items, statuts). © Service des Musées de Dinan   Le concept du futur musée La seconde partie du PSC du Musée de Dinan n’est, en revanche, pas encore écrite. L’identité, la personnalité, l’originalité du futur musée devront y être clairement définies à partir, bien sûr, de la nature des collections, mais aussi en se fondant sur le caractère du bâtiment qui accueillera le futur musée. La relocalisation du musée à l’Abbaye de Léhon Beaucoup de lieu ont été identifiés pour devenir le futur Musée de Dinan : l’Hôtel Bazin de Jessey, l’ancienne chapelle des Ursulines, l’ancienne église anglicane ou encore le centre des congrès René Benoît. Toutefois, quoi que tous situés l’intra-muros, aucun ne réunissait toutes les conditions pour y accueillir un musée. La création de la commune nouvelle de Dinan-Léhon le 1er janvier 2018 allait néanmoins offrir de nouvelles perspectives pour le Musée de Dinan. Vue de l’Abbaye Saint-Magloire de Léhon © Service des Musées de Dinan Dans ce mariage, la commune historique de Léhon apportait une dot très intéressante : l’Abbaye Saint-Magloire de Léhon, fondée au IXe siècle par le roi de Bretagne Nominoë et installée dans un cadre paysagé exceptionnel, au bord de la Rance. À la demande des élus de Léhon, l’Abbaye fait, en 2019, l’objet d’une étude culturelle sur son devenir, étude menée par le cabinet Objectif patrimoine qui a pris en compte les besoins du musée de Dinan. Résultat, l’étude restituée aux élus a proposé d’établir dans l’ancienne abbaye un lieu dédié aux arts plastiques réunissant le musée, une école d’art plastique et un centre d’art. Séduite par la proposition, la municipalité l’a inscrite dans son programme pour les élections du printemps dernier. L’équipe en place ayant été réélue, le projet de requalification de l’offre de l’Abbaye de Léhon devrait voir le jour au cours de ce mandat. Un musée du XXIe siècle, tourné vers les arts plastiques Le lieu d’implantation du futur musée de Dinan semble donc être désormais trouvé et son identité commence à s’esquisser : le futur Musée de Dinan se tournera vers les arts plastiques, en s’appuyant sur sa collections « beaux-arts », la sculpture constituera notamment le point fort du parcours permanent. Celui-ci se composera d’un premier espace de type « cabinet de curiosités » regroupant diverses typologies de collections rassemblées dans la seconde moitié du XIXe siècle par Luigi Odorici. Les œuvres et objets qui le composeront seraient accrochés selon un jeu de correspondances visuelles, analogiques ou sémantiques, à l’image de ce qu’avait fait Jean-Hubert Martin en 2016, pour son exposition, Carambolages présentée au Grand Palais. Ce cabinet de curiosités « carambolé » servirait d’introduction à la seconde partie du parcours : la Galerie du temps, librement inspirée du concept élaboré au Louvre-Lens Plaque en schiste gallo-romaine des IIème-IIIème siècles de notre ère © Service des Musées de Dinan La Galerie du temps fera du Musée de Dinan un musée d’histoire de l’art, jouant sur la juxtaposition d’œuvres phares et de productions locales, cela nous donnera l’occasion d’aborder les notions de centre et de périphérie en histoire de l’art. Après la déambulation dans l’exposition permanente, les visiteurs accéderont à un espace d’exposition temporaire. Si les élus de Dinan n’ont pas formé de vœu précis quant au type de musée qu’ils souhaitent pour leur ville, ils ont quand même posé leurs conditions : ils ne veulent pas d’un musée traditionnel mais d’une nouvelle forme de musée : à nous donc, à notre humble niveau, de réinventer le musée et d’imaginer un équipement installé dans un monument historique, abritant en son sein une école d’art et un centre d’art contemporain, et convoquant les trois piliers de l’éducation artistique et culturelle : la rencontre (avec des œuvres, les lieux, les artistes), les pratiques artistiques, les connaissances des arts. Le port de Dinan vue par G.C. Stanfield, en 1871 depuis les environs de la Maison de la Grande Vigne, où se trouve le Musée Yvonne Jean-Haffen. En amont, après le viaduc, à quelques hectomètres de là, la Rance longe également l’Abbaye Saint-Magloire  © Service des Musées de Dinan Ce musée, nous l’imaginons volontiers polymorphe, ouvert à tous les arts, et comprenant le Musée Yvonne Jean-Haffen. La Rance, qui borde les deux sites, agirait alors comme un trait d’union entre l’Abbaye de Léhon et le Musée Yvonne Jean-Haffen. Ce fleuve étant canalisé et doté d’un chemin de halage, il est loisible d’imaginer la mise en place un parcours artistique (land art) reliant le Musée Yvonne Jean-Haffen au futur Musée de Dinan.   Conclusion Contrairement à ce qu’indique le titre de cet article, le Musée de Dinan a finalement trouvé son futur écrin, ce sera l’Abbaye de Léhon. Le PSC, en cours de conception, fera résolument de ce futur équipement un musée du XXIe siècle à l’offre chamboulée, à l’image dépoussiérée et ayant transformé totalement sa relation avec le public.   Frédéric Bonnor Télécharger cet article au format PDF
PLUS
MOINS

La nuit européenne des musées sera numérique – #NuitDesMuséesChezNous

  À la suite de l’annonce, du fait de la situation sanitaire, d’un confinement sur tout le territoire national, et de la fermeture des lieux culturels jusqu’au 1er décembre, le ministère de la Culture est au regret de devoir annuler la 16e édition de la Nuit européenne des musées, prévue le samedi 14 novembre. La Nuit des musées continue néanmoins à vivre en ligne et s’invite chez vous avec le hashtag #NuitDesMuséesChezNous ! Retrouvez en ligne, sur les pages [...] facebook et sites internet des musées du réseau de nombreuses animations, programmations et découvertes : visites guidées d'expositions, concerts enregistrés, quizz etc. Découvrez également la programmation sur l'Agenda  
PLUS
MOINS

Le développement du musée des  Phares et Balises d’Ouessant : 2009-2020 et suivantes…

France, Finistère (29), Ouessant, Pointe du Créac'h, Réserve de Biosphère (UNESCO), Parc Naturel Régional d'Armorique, Île du Ponant, La pointe du Créac'h, classé au titre des Monuments Historiques // France, Finistere, Ushant, Pern point, Biosphere reserve (UNESCO), Armoric Natural Regional parc, Ponant island, Créac'h point, Historical monument classified

L’État, par les engagements du Grenelle de la mer en 2009 (engagement 103), a confirmé la vocation du Musée des Phares et Balises à devenir l’institution de référence du patrimoine des phares et de la sécurité de la navigation maritime. Le Conseil départemental du Finistère, dépositaire de la collection historique du Musée des Phares du Trocadéro, porte le projet de création du Centre national des Phares, qui consiste en : Un Musée des Phares et Balises [...] rénové qui investit le site du phare du Créac’h Un nouvel espace de médiation et d’exposition sur le port de Brest, Un pôle de conservation et de restauration à Brest, Des missions d’intérêt national, en appui à l’État – ministère de la Transition écologique et solidaire / ministère de la Mer.   La genèse du projet et ses fondements conceptuels Jean-Pierre Gestin crée à la fin des années 1960 à Ouessant le premier écomusée en France. À la fin des années 1980, dans la droite ligne de cette démarche ethnographique, ce dernier souhaite évoquer les hommes d’Ouessant. Ces hommes qui sont soit gardiens de phare soit marins de la Marine marchande. À la fin des années 1970, la salle des machines de la centrale électrique du phare du Créac’h est déclassée. Jean-Pierre Gestin qui a connaissance de l’existence des collections de l’ancien Musée des Phares du Trocadéro, fermé en 1955, en caisse à Bonneuil-sur-Marne en région parisienne, y voit une formidable opportunité pour investir les lieux et y parler de la signalisation maritime dont Ouessant est une île sentinelle. Vue du phare du Créac’h, à l’ouest de l’île, où le musée ouvre en 1988, dans la salle des machines © A.Pennec Il existait depuis 1878 et jusqu’en 1955 un Musée des Phares au Trocadéro. Il était installé au Dépôt des phares, avenue du Président Wilson. Dans les années 1970-1980, les collections ont commencé à  être démantelée. Une partie a rejoint les collections du musée national de la Marine de Paris, une autre envoyée dans les pays dits « en voie de développement » et la majeure partie rejoint Ouessant à la faveur de l’ouverture du musée en juin 1988. Le Conseil départemental du Finistère est ainsi le dépositaire de cette collection, qui appartient au ministère de l’Équipement / de l’Environnement / de l’Écologie / de la Transition écologique et solidaire / de la Mer, depuis 1983. Dès le début, Jean-Pierre Gestin est animé par la volonté de créer un lieu de référence. Le premier nom de ce lieu était d’ailleurs significatif, « Centre international d’interprétation des Phares et Balises ». Nous avons retrouvé dans les archives du musée des courriers provenant d’Asie ou d’Amérique demandant des précisions techniques relatives au fonctionnement des lentilles. Il faut dire que les fabricants français d’optique de phare ont été leader de ce marché jusqu’aux années 1970 (entreprises Barbier-Bénard et Turenne, Sautter-Harlé…). Vue des espaces d’exposition du Musée des Phares et Balises à Ouessant, dans l’ancienne salle des machines du Phare du Créac’h © A.Pennec   Les années 2000 : la prise de conscience Dans les années 2000, la Marine libère à Brest les espaces autour de la Penfeld et notamment les Ateliers des Capucins. Des voix s’élèvent alors pour proposer un usage à ces lieux gigantesques et à ces volumes importants. Et parmi elles, celles de Jean-Christophe Fichou, historien des phares et Pierre Maille, alors maire de Brest. L’idée était d’y installer les objets volumineux des Phares et Balises (baliseurs, vedette de travaux et bouées). En 2005, la direction des affaires maritimes du ministère de la Mer crée un poste de chargé du patrimoine. S’ensuit plusieurs vagues de classement « Monument historique » des phares et notamment les phares de l’Iroise jusque dans les années 2010. En 2009, l’État, par les engagements du Grenelle de la mer (engagement 103), a confirmé la vocation du musée des Phares et Balises à devenir l’institution de référence du patrimoine des phares et de la sécurité de la navigation maritime. En 2012, le musée national de la Marine de Paris propose une grande exposition intitulée « Phares ». Et depuis les années 1980 et les photographies impressionnantes de Jean Guichard (mais aussi les livres de photographies, le film L’Equipier… ) et le changement technologique important dans les phares qui vont conduire à leur automatisation et donc à la disparition d’un métier emblématique à l’imaginaire puissant, le gardien de phare , la société prend conscience de la fragilité de ce patrimoine et de cette mémoire. Vue de l’exposition Phares au Musée national de la Marine, en 2012 © Musée national de la Marine   2009-2014 : le temps institutionnel, l’écriture du PSC Le projet scientifique et culturel a été écrit par Mylène Allano pour la partie « diagnostic » et Rose Legrand, conservatrice du patrimoine au Conseil départemental. Le projet s’articule autour de trois grands thèmes : La rénovation du musée d’Ouessant dans ses espaces actuels et les anciens logements de gardiens. On ne parle pas alors de montée au phare.   Sur le continent, la création d’un lieu à l’image d’un Dépôt des phares qui serait un lieu de conservation, de restauration, ouvert à la visite. Il serait conçu comme une subdivision et prendrait place aux côtés de la Subdivision opérationnelle, Quai Malbert, à Brest. Le projet parle de « discours plus que d’objet et de participation plus que d’émerveillement ».   Les objets patrimoniaux dits « en déshérence » sont pris en compte pour enrichir la collection historique. Ils sont faits des objets patrimoniaux de l’ensemble des subdivisions du littoral français dont Francis Dreyer, historien et conservateur du patrimoine, a fait l’inventaire, sous l’égide du ministère.   Il y avait là un hiatus… Le sort réservé à ces objets, parfois clairement en déshérence au fond des ateliers mais parfois conservés dans de belles vitrines en bois dans les subdivisions, dans les salles de réunion ou dans les bureaux, a suscité de vives émotions dans les subdivisions et chez les acteurs du patrimoine maritime… Brest allait thésauriser ce patrimoine. Le projet scientifique n’est pas très clair sur cette question mais sans doute parce que les réflexions d’alors n’étaient pas encore arrivées à maturité. Les services « culture » et « phares et balises » ne se connaissent pas encore beaucoup. Les métiers et les cultures professionnelles sont fortement différents. Le décès soudain de Rose Legrand met un coup d’arrêt au projet et au calendrier envisagé pour sa conduite. L’étude de programmation en cours est arrêtée. Le désir de départ était bien de donner plus d’audience au musée d’Ouessant et à cette collection unique. « Augmenter » le musée en quelque sorte et développer ce potentiel extrêmement riche, donner plus de visibilité à cette collection unique en France et en Europe. Et bien-sûr retrouver ou se donner les moyens des ambitions originelles du musée. Les ateliers de BBT. Fonds de photographies Barbier-Bénard et Turenne. Musée des Phares et Balises. L’État a pris doucement conscience que, seul, il ne pouvait pas conserver ce patrimoine dans de bonnes conditions. Les administrations de ce ministère sont composées d’ingénieurs polytechniciens, des Pont et Chaussées, des Travaux publics de l’État, qui n’ont de fait pas connaissance de la chaîne opératoire patrimoniale. Le ministère n’a ni les moyens financiers ni les moyens humains pour mener ce travail. Mais une volonté partagée commence à se dessiner, celle de sauver, sauvegarder et élaborer ensemble une politique de gestion – conservation et valorisation – du patrimoine de la signalisation maritime sur l’ensemble des façades littorales. Cette prise de conscience se construit autour de la collection historique, exposée et conservée à Ouessant (musée de France), et une collection en devenir et à construire, composée d’objets patrimoniaux présentant des intérêts et des valeurs patrimoniales,  techniques, esthétiques différentes.   2016-2020 : le temps de l’opérationnel En 2015, le Conseil départemental crée la Mission de préfiguration et la rattache à la Direction générale des services et au Président. Projet d’envergure voulu par le Département, mission stratégique… Un avenant est écrit au PSC en 2016-2017 qui n’a pas fait l’objet de validation de la part des tutelles, DRAC et SMF, mais qui a été écrit avec les acteurs de la signalisation maritime : la subdivision de Brest, la Direction interrégionale de la mer (DIRM), la Direction des affaires maritimes du ministère et les acteurs du projet, le Parc d’Armorique, le Parc marin d’Iroise, Brest Métropole et la commune d’Ouessant. Ce document reprend de façon synthétique et met en cohérence les différents enjeux du projet pour l’ensemble des protagonistes : Le nouvel exécutif du Département et la nouvelle équipe de direction : Souhaite un lieu sur le port, près de la mer, un lieu qui parle des enjeux contemporains de la sécurité maritime, des métiers, un lieu différent de celui d’Ouessant mais complémentaire. Le service des musées de France et la DRAC Ne souhaite pas de réserves visitables. Souhaite des réserves à l’abri des risques (vague submersion marine, risques industriels, pollution…) et sécuriser la collection historique du musée qui n’est que déposée a Conseil départemental. Brest Métropole Souhaite que le Quai Malbert accueille dans un avenir à moyen/long terme une autre activité que ce Dépôt des phares envisagé par le Département. Ouessant Souhaite réaffirmer le caractère universel du musée d’Ouessant et ne veut pas que le musée s’oriente vers un musée de territoire qui raconterait uniquement l’histoire d’Ouessant mais souhaite un musée qui raconte l’histoire des Phares et Balises, celle de la Commission des Phares, de Fresnel, de la construction de la ceinture lumineuse, de la construction des optiques…   Les objets patrimoniaux de l’inventaire dit « Dreyer » : Un 3e récolement d’inventaire a lieu entre 2018 et 2019 par Francis Dreyer toujours missionné par la Direction des affaires maritimes.  Un groupe de travail national est mis en place. A ce jour, il s’est réuni deux fois dans le but de classer les objets patrimoniaux et de définir ceux qui seraient à même d’entrer en « collection nationale ». L’objectif est également de déterminer, en concertation avec les services de l’Etat, le ou les statuts de ces objets, à savoir « musée de France » et/ou monument historique. Vue du Phare du Créa’ch, dont le fût sera rendu accessible au public et dont l’aile gauche sur la photo sera réhabilitée pour accueillir le public © Dirm NaMo Le rôle du Centre national des Phares s’est ici affirmé comme étant celui d’une plateforme à disposition des acteurs de la signalisation maritime. Il aura un rôle central dans la gestion dynamique de la collection nationale dont une partie sera conservée à Brest. Il doit par ailleurs aujourd’hui mieux définir son « offre de service » pour ce qui est de la collection dite « secondaire », celle qui sera conservée dans les subdivisions, dans les musées des phares visitables, dans les musées associatifs… de la gestion d’une base de données aux formations en conservation en passant par des conseils en exposition/scénographie… cela reste à définir. Vue de l’emplacement des futures réserves, à Gouesnou (au nord de Brest) © Musée des Phares et Balises   Les difficultés rencontrées au cours du projet Un positionnement plus ou moins aisé à la direction générale. Être rattaché à ce niveau hiérarchique haut parce que cette mission est transversale a du sens. Nous aurions dû travailler en étroite collaboration et avec ces directions « supports »… mais la dynamique n’a jamais réellement prise. Une équipe trop réduite et non stable. Une équipe dont le nombre n’est pas à la hauteur des ambitions de ce projet (18 M€ - 3 projets complexes) car elle comprend 3 titulaires arrivés successivement en janvier 2016 (responsable), en mars 2018 (administratif) et mars 2019 (collections). Deux contrats de mission sont certes en cours de négociation mais la règle est le contrat court. Un déficit de notoriété en interne et à l’extérieur. Le temps long du projet implique de fait qu’il accumule une sorte de passif qui peut être lourd à porter. C’est le cas pour ce projet car de fortes polémiques l’ont fragilisé (« le Département construit un 2e musée des phares à Brest » / « Le musée des phares d’Ouessant va fermer »). Et il n’y a eu malheureusement que peu de paroles fortes pour contrecarrer ces articles de presse. Une multitude d’acteurs. Le projet multi-sites englobe de fait des acteurs nombreux : la Région, propriétaire du port de Brest ; les Phares et Balises dans l’ensemble de leurs composantes, administratives et opérationnelles, en local et en national ; la compagnie maritime Penn ar Bed ; l’association du ministère qui gère des gîtes au phare du Créac’h ; la DRAC – service Musées et service Monuments historiques ; le Service des musées de France ; le Parc d’Armorique, gestionnaire du musée ; le Cerema – ingénieurs des phares et balises ; les membres du GIP. Formidable accélérateur d’idée et de ressources, ces relations peuvent aussi être fragiles et peuvent s’avérer complexes à coordonner, notamment en cas de difficultés quant à la conduite du projet dans l’opérationnel. Un projet de musée multi-sites… qui peut être innovant ! La nature même du projet composé d’un musée au sens classique du terme, un centre hybride entre découverte scientifique et centre d’interprétation du patrimoine, des réserves externalisées, peut apparaître comme déroutante… et cela en dépit du fait que le ministère de la culture porte une réflexion sur les musées du 21e siècle… La construction d’une collection composée d’objets ayant, peut-être, des statuts multiples (musée de France, monument historique, domanialité publique) peut paraître complexe à envisager. Mais les trois entités sont porteuses de sens, ensemble. Elles se complètent car elles portent chacune des messages différents – et complémentaires – pour des publics différents. [caption id="attachment_6717" align="alignnone" width="750"] Vue du projet envisagé par les architectes sur le premier éperon du port. Réhabilitation de l’ancienne criée de Brest. © Nicolas Moreau et Hiroko Kusunoki[/caption]   Pour conclure Nous pourrions dire que si c’était à refaire, il paraîtrait nécessaire d’inclure dans ce projet  la dimension environnementale et sociale. Le PSC se meut en PSCSE, projet scientifique, culturel, social et environnemental. Pour ce projet, il a été difficile d’inclure les énergies renouvelables au sein d’un monument historique alors que cela aurait toute légitimité à Ouessant. Après insistances et études, la DRAC a autorisé l’installation de panneaux photovoltaïques sur le toit des abris de jardins des anciens logements. À Brest, le projet est relativement classique dans son schéma fonctionnel. L’espace appelé « Transmetteur » qui se voulait, au programme, un espace de pause au sein du parcours, n’est aujourd’hui traité ni par les architectes ni par les scénographes. En outre, la création d’une nouvelle entité appellerait assez volontiers  une réflexion sur une nouvelle gouvernance où en tous les cas à une gouvernance différente. Un lieu sur une île, un autre au cœur d’un port en pleine mutation, au cœur de la ville, et un pôle de ressource autour d’une collection peu connue et en construction… il semble qu’il y a matière ! Mais cette entité hybride n’entre pas dans les schémas classiques. Et finalement plutôt que de susciter une envie de faire différemment, elle semble paralyser. « Le projet » qui est définit dans les manuels comme « un ensemble d’activités coordonnées et maîtrisées comportant des dates de début et de fin, entrepris dans le but d’atteindre un objectif conforme à des exigences spécifiques », est finalement plutôt une aventure faite de rencontres, d’opportunités, de convergences d’intérêt(s), de tâtonnements, heureux ou malheureux, d’inattendu, d’erreur… et parfois, le temps du projet est un temps long dont le calendrier doit sans cesse se réajuster. L’important est sans doute que la volonté originelle qui anime « le projet » soit juste et s’appuie sur la nécessité de servir l’intérêt général. Et c’est sûrement à cette idée que l’on se raccroche quand le quotidien est un peu dur à vivre.   ---- Mélanie Thomas, responsable de la mission de préfiguration du Centre national des Phares Télécharger l'article en PDF : Le développement du musée des Phares et Balises d’Ouessant - Le temps long du projet, 2009-2020 et suivantes ... - Mélanie Thomas
PLUS
MOINS

Un jour, une collection : pendant le confinement, découvrez chaque jour une collection

Suite aux annonces gouvernementales, les musées du réseau sont fermés jusqu'à nouvel ordre, potentiellement jusqu'au 15 décembre prochain. Les programmations culturelles de ceux-ci sont à ce jour reportées et/ou annulées. Nous vous communiquerons les informations concernant la réouverture et les modifications de programmation prochainement. Pour s'évader, continuer à partager, s'enrichir, se faire du bien, et s'occuper tout simplement en attendant le retour de jours plus joyeux, [...] nous vous proposerons chaque jour un focus sur un objet conservé dans les collections des musées.  Retrouvez-les chaque jour - ainsi que les précédents focus - dans la Galerie des collections. Vous y découvrirez par exemple La mosquée Top-Kahné, de Ivan Konstantinovich Aïvazovski   
PLUS
MOINS

L’écomusée de la Bintinais fait peau neuve !

L'écomusée de la Bintinais a récemment renouvelé son identité visuelle ainsi que son site internet, en collaboration avec les designers graphiques rennais de Pollen Studio. Depuis de nombreuses semaines, les équipes travaillent ensemble pour offrir à l'écomusée une nouvelle identité visuelle. Le résultat est plus que joli ! Les morceaux choisis ci-dessous constituent l'aboutissement d'un travail central et global autour de la stratégie de communication du musée.   [...] class="alignnone wp-image-6529" src="https://bretagnemusees.bzh/wp-content/uploads/2020/11/ElRcNbkWMAEAm2h-300x220.jpg" alt="" width="749" height="549" />   Cette affirmation de l'identité repose sur un nouveau logo et des codes graphiques simples, efficaces et forts : typographie, couleurs, illustrations, gravures. Tout d'abord le B, logo qui symbolise, la ferme de la Bintinais, musée aujourd'hui, ancien lieu d'habitation hier, patrimoine architectural remarquable de tout temps. Ce B, monogramme, est ici remarquablement associé aux nombreux détails de l'affiche, qui témoignent de la richesse de l'offre proposée aux publics qui poussent les portes de l'écomusée.     Les couleurs vives et formes harmonieuses imaginées par Pollen Studio soulignent une offre riche et variée, qualitative, au service de tous les publics. La Bintinais, c'est plusieurs univers en un, ce visuel en est la parfaite illustration. C'est une véritable invitation à pousser les portes et découvrir, des trésors insoupçonnés, aux portes de Rennes...    
PLUS
MOINS

Et vous ? Êtes-vous plutôt crêpe ou galette ? – Entretien avec Bernard Hulin

  En 2020-2021, cinq musées de la région présentent six expositions complémentaires, s’intéressant chacune à un sujet bien plus vaste qu’il n’y paraît : la « crêpe » ou « galette » (selon l’endroit où on la déguste). Le musée de l’Ancienne Abbaye de Landévennec, le musée de Dinan, l’écomusée des Monts d’Arrée, le musée départemental breton de Quimper et le musée bigouden de Pont-l’Abbé se sont associés pour travailler sur ce projet [...] commun. Suite au travail mené par les musées en collaboration avec habitants, crêperies, ethnologues, archéologues ou encore historiens, ces expositions apportent un éclairage nouveau, large et pluriel sur le sujet, depuis l’histoire des productions agricoles jusque l’économie mondialisée actuelle en passant par les techniques de fabrication, les modes d’alimentation et la vie sociale qui y est liée. Au-delà des expositions réalisées, ces recherches sont également restituées par la publication d’un bel ouvrage paru en juillet 2020 chez Coop Breizh. Pour comprendre comment est né ce joli projet partenarial et en quoi il consiste, nous avons rencontré Bernard Hulin, directeur du musée de l’ancienne Abbaye de Landévennec.   [caption id="attachment_6134" align="alignnone" width="750"] Premières de couvertures de l’ouvrage édité chez Coop Breizh en juillet en français et en breton[/caption]   Quand et comment est née l’idée de travailler sur cette thématique, à plusieurs qui plus est ? Quel a été le rôle du Groupement d’intérêt public Musées de territoires finistériens dans l’impulsion de ce projet ?   Le point de départ du projet se situe en 2015, après que le musée de l’ancienne Abbaye ait fait réaliser des analyses par le Laboratoire Nicolas Garnier sur des récipients des XIIe – XVe siècles découverts sur le site et identifiés par les archéologues à des « galettières ». Cette étude scientifique, sans précédent dans l’univers de la recherche, révèle l’utilisation de beurre et une température de cuisson supérieure à 240°C. Ces critères étant toujours les plus courants pour la cuisson d’une crêpe aujourd’hui, on s’est alors demandé à quand remontait « l’invention » de la crêpe bretonne.   [caption id="attachment_6135" align="alignnone" width="751"] Fragments de galettière du XIIIe -XIVe siècles, au Musée de l’ancienne abbaye de Landévennec, dans le Finistère. © Musée de l’ancienne abbaye de Landévennec[/caption]   C’est le point de départ du projet d’exposition de Landévennec et, dans le même temps la proposition d’étendre le propos à d’autres thématiques liées à la crêpe, notamment l’ethnologie. Ce domaine n’étant pas celui du musée de l’Ancienne abbaye, nous avons proposé aux musées directement concernés de s’associer au programme qui a pris une envergure régionale, à travers la participation de l’écomusée des monts d’Arrée également membre du GIP Musées de territoires finistériens, du musée Bigouden de Pont l’Abbé, du musée départemental breton, et enfin du musée de Dinan qui lui traite plus spécifiquement de la galette, propre à la Bretagne gallèse. Le musée de l’ancienne abbaye a ensuite proposé aux musées d’adosser à la programmation d’expositions un volet touristique et un plan de communication qui pourraient bénéficier du soutien de la Région et des Pays, à travers les fonds LEADER.   Par la suite, par quelles actions communes s’est concrétisé le partenariat, au-delà de travailler chacun sur une même thématique ?   Cela s’est concrétisé par différentes actions : Des échanges sur les collections, les thèmes et les sujets qui seraient abordés par les uns et les autres, dans le souci d’éviter les propos redondants. L’élaboration du projet de catalogue commun bilingue associant des archéologues, universitaires et autres chercheurs. L’élaboration du volet touristique (guide régional basé sur des circuits autour des expositions réalisé dans la cadre d’un projet tutoré avec par des étudiants de l’UBO section Tourisme de Quimper). L’élaboration du plan de communication : charte graphique commune, campagne de presse, diffusion du guide, annonces et film promotionnel, etc. programme ensuite délégué par marchés à des prestataires.   La région Bretagne et la DRAC vous ont accompagné sur ce projet, mais également le fonds européen LEADER (pour « Liaison Entre Actions de Développement de l’Économie Rurale »). Qu’a apporté ce financement ? Quelles actions vous a-t-il permis de mettre en place ?   DRAC, Région et programme LEADER ont largement contribué au financement des expositions. Le volet touristique (et donc économique) comme le plan de communication sont à la base du programme déposé auprès des Pays pour les financements LEADER. Considérant le caractère exemplaire du programme de valorisation d’un élément essentiel du patrimoine régional, et son impact potentiel en terme touristique et économique (la filière de la crêpe), les chargés de mission des Pays ont proposé de faire appel aux fonds LEADER coopération, rarement sollicités en raison de leur mise en œuvre complexe mais qui présentent l’avantage de permettre le financement de projets à hauteur de 80%. Le GIP « Musées de territoires finistériens » a intégralement porté ce dossier, tant sur le plan de la conception (musée de l’ancienne abbaye) que de sa gestion administrative particulièrement lourde (écomusée des monts d’Arrée).   [caption id="attachment_6136" align="alignnone" width="749"] Les territoires des groupes d’action locale bretons pour la programmation 2014-2020 du fonds Leader.[/caption]   Quels sont les critères d’éligibilité à ce fonds ?   Le potentiel en terme de développement des territoires, à travers la valorisation de leurs ressources : ici le tourisme, via le patrimoine, et la filière économique de la crêpe, de l’artisan crêpier en passant par les biscuiteries et les fabricants de matériels.   Quelles ont été les démarches à mener ensuite pour candidater ?   Il a fallu élaborer un projet commun qui doit ensuite être validé par la Région et les différents Pays : plusieurs réunions nécessaires avec les chargés de mission, correspondant à des phases de validation puis chaque directeur ou responsable de musée présente son projet devant la Comité unique de programmation de son Pays référent.   [caption id="attachment_6137" align="alignnone" width="751"] Les responsables des différents musées ayant participé au projet présentant l’ouvrage qui a pu être financé grâce au partenariat[/caption]   Le financement obtenu était-il ciblé sur des actions précises du projet ? Y a-t-il certaines actions sur lesquelles il n’a pu être orienté ?   Le volet culturel (les expositions) ne peut seul être éligible au fonds LEADER. C’est l’impact en terme de développement des territoires qui est l’élément déterminant. C’est sur cette base que se fait la concertation entre les chargés de mission des Pays, en lien étroit avec la Région.   Vous avez également mis en place un financement participatif sur la plateforme Kengo.bzh pour le financement de la publication. Dans quelle mesure cela a-t-il pu financer l’ouvrage ?   C’est le musée de l’ancienne abbaye qui a porté ce projet qui lui a permis de réunir 2000€ qui contribuent pour 25% à sa participation aux frais d’édition du catalogue.   Que retirez-vous de cette expérience, encore d’actualité ?       Une expérience particulièrement intéressante et motivante, dans la mesure où elle fait la preuve que des petits musées ou des musées de taille moyenne, en s’associant peuvent mettre en œuvre un programme régional d’envergure. Une expérience particulièrement enrichissante et novatrice tant sur le plan de la programmation culturelle avec les collègues, qu’à travers le dialogue avec les chargés de mission Pays/ LEADER. Enfin, il est particulièrement satisfaisant de voir les musées reconnus comme des acteurs essentiels de la vie de leur territoire.   Y a-t-il d’autres points que vous aimeriez souligner ?    Sans la contribution majeure des 2 musées du GIP, tant en terme de contacts, d’ingénierie que de temps consacré, ce programme lourd, sur le plan de la conception et de la charge administrative qu’il représente, n’aurait pu voir le jour. Un tel projet nécessite en effet un chef de file, ici le musée de l’ancienne abbaye associé à l’écomusée des monts d’Arrée, premiers associés et porteurs de ce projet auprès de leurs collègues
PLUS
MOINS

Le projet du Musée de la Résistance en Bretagne

Situé sur la commune de Saint-Marcel dans le Morbihan, le musée de la Résistance bretonne a bien failli disparaitre. Les belles espérances accompagnant sa création au début des années 1980 avaient fait place au doute et à une certaine résignation : difficultés financières chroniques, vieillissement prématuré des infrastructures mal entretenues, suivi scientifique déficient, « évasion » d’une partie des collections et obsolescence de la muséographie avaient provoqué une [...] désaffection des visiteurs et un discrédit progressif de cet équipement qui devait être un pôle d’attractivité pour le territoire et s’était transformé en fardeau pour la collectivité. Le musée de la Résistance bretonne a donc fermé ses portes au public le 1er septembre 2019 après 35 ans d’existence. Il aura accueilli plus d’1 million de visiteurs. Rendons hommage à ses fondateurs et aux élus du SIVU qui ont créé et accompagné ce musée pendant plus de trois décennies malgré de multiples difficultés. Mais il ne s’agit pas d’une fermeture définitive, un moment redoutée. C’est une renaissance dont il s’agit. Que de chemin parcouru depuis l’« appel au secours » lancé par les municipalités de Saint-Marcel et Malestroit  en 2013 pour sauver ce musée, message entendu jusqu’au plus haut somment de l’Etat et dans ses services déconcentrés au premier rang desquels la DRAC Bretagne, qui a tout mis en œuvre pour organiser  ce « sauvetage » . Forts de ce soutien, les élus et l’équipe en charge de ce dossier au sein de la CCVOL puis de l’Oust à Brocéliande Communauté travaillent donc depuis plus de 6 ans à sauver ce lieu emblématique.   [caption id="attachment_6012" align="alignnone" width="747"] Le chantier en cours du futur Musée de la Résistance en Bretagne, à Saint-Marcel[/caption]   Certains ont pu s’impatienter d’entendre depuis longtemps parler de ce nouveau musée sans voir le début des travaux, mais la rénovation d’un Musée de France s’inscrit dans le temps long. Il faut en premier lieu une volonté politique forte et une tutelle solide. C’est désormais le cas puisque la maîtrise d’ouvrage du projet est assurée par de l’Oust à Brocéliande Communauté, collectivité regroupant 26 communes et fédérant 40 000 habitants, dont les élus sont convaincus du potentiel exceptionnel de ce musée, de l’importance des valeurs qu’il porte et de l’intérêt de ses collections. Il faut encore réunir des conditions nombreuses et exigeantes pour qu’un tel projet apparaisse comme sérieux et crédible et soit éligible à d’importantes subventions publiques. C’est aujourd’hui le cas grâce au soutien financier conséquent de l’Etat (Ministère de la Culture et des Armées), de la Région Bretagne et du département du Morbihan, complété par la contribution de généreux mécènes : plus de 4 millions d’euros ont été réunis. Il a fallu au préalable s’appuyer sur un projet scientifique et culturel solide et cohérent validé par le ministère de la culture, puis suivre pas à pas un cheminement contrôlé par le Service des Musées de France et la DRAC Bretagne, validé par tous nos partenaires institutionnels et conforme au code des marchés publics : diagnostics et état des lieux, études de programmation, concours de maitrise d’œuvre, choix du lauréat,  avant-projet sommaire puis détaillé, ajustements et dialogue avec l’architecte et la scénographe, phase projet, dossiers de consultations et appels d’offre, dépôt du permis de construire…  Il s’agit d’un processus long et incompressible nécessitant de nombreuses validations intermédiaires afin de garantir la bonne utilisation de l’argent public investi dans cet équipement.   [caption id="attachment_5933" align="alignnone" width="751"] Vue du projet du futur musée[/caption]   Le chantier du nouveau musée de la Résistance en Bretagne a donc débuté en novembre 2019 par la démolition d’une moitié des bâtiments existants, devenus vétustes et inadaptés. Autour des volumes conservés sont bâties des extensions formant un vaste quadrilatère implanté sur une emprise de 2000m² et organisé autour d’un vaste patio de plus de 300 m². L’ensemble sera plus vaste, plus fonctionnel, plus attractif et mieux identifiable depuis la route. Thomas Rouyrre (Agence Cadmée), l’architecte choisi pour concevoir ce nouveau musée, a su s’imprégner de l’esprit des lieux et signer un bâtiment sobre et esthétique s’intégrant parfaitement à l’environnement boisé du parc et dont les finitions soignées feront écho à l’histoire du territoire : les murs seront habillés d’un parement de pierre évoquant le bâti traditionnel marcellais en pierre de Gandouin et des auvents de bois brûlé évoqueront l’incendie des fermes et du bourg à la fin du mois de juin 1944. Enfin, une toute nouvelle scénographie sera installée, plus moderne, attractive, interactive, didactique et respectueuse des collections. Des ambiances différenciées séquenceront la visite, certaines très intimistes et d’autres plus spectaculaires comme cette colonne de véhicules américains évoquant la liesse de la Libération.  Un auditorium/espace pédagogique, une salle d’exposition temporaire, des espaces dédiés aux parachutistes SAS de la France Libre et des réserves bien dimensionnées complèteront cet équipement dont l’inauguration était prévue le 18 juin 2021, avant que la Covid 19 ne viennent bousculer le planning.  Cette date qui marquait à la fois l’anniversaire de l’appel du général de Gaulle et des combats de Saint Marcel 4 ans plus tard, s’imposait en ce qu’elle renvoyait à deux moments importants de l’histoire de la Résistance, deux symboles fort qui résument l’esprit de ce projet. Les deux mois de retard pris dans la conduite du projet pour cause de confinement rendent cette échéance difficile à tenir mais une ouverture dans le courant de l’été 2021 reste envisagée.   [caption id="attachment_4858" align="alignnone" width="752"] Vue de la scénographie du futur musée[/caption]   D’ici là l’équipe du musée reste mobilisée pour organiser le chantier des collections (choix des objets exposés, restauration, soclage), finaliser la conception des contenus (textes et multimédia) du nouveau parcours de visite, préparer les véhicules avant exposition avec l’aide précieuse de ses collaborateurs bénévoles et construire une nouvelle offre pédagogique pour ses futurs visiteurs. Beaucoup de travail en perspective pour être à la hauteur des enjeux et des attentes très fortes autour de ce nouvel équipement qui doit être fédérateur et dimensionnant pour le développement et l’attractivité de notre territoire. Tristan Leroy, conservateur du musée Etapes clé du projet   2013-2014 : Fermeture définitive envisagée. Le président de la Région Bretagne/ministre de la défense s’engage à tout mettre en œuvre pour sauver le musée - Réunions en préfecture et à la DRAC Bretagne – Tour de table des partenaires institutionnel et financiers. 2014 – 2015 : Rédaction du projet scientifique et culturel 2015 : La communauté de communes du val d’Oust et de Lanvaux reprends la compétence « Musée » Le projet est inscrit au Contrat de Plan Etat-Région 2015 – 2016 : Etudes de programmation, recherche de financements Janvier 2017 : De l’Oust à Brocéliande communauté, nouvel EPCI issu de la loi NOTRe, porte le projet Janvier - Juillet 2017 : Consultations et Jury de concours Septembre 2017 : le conseil communautaire  d’OBC désigne à l’unanimité le lauréat du concours de maîtrise d’œuvre 2018 : Etudes, marchés, travaux sur les contenus, appel au mécénat 2019 : Dépôt du permis de construire – consultations/Appels d’offre. De nombreuses entreprises du territoire candidatent et sont retenues. 1er Septembre 2019 : Fermeture pour travaux. Transfert des collections Novembre 2019 : Début du chantier 12 décembre 2019 : Pose de la première pierre 2020-2021 : 18 mois de chantier   18 juin 2021 ? : Inauguratio
PLUS
MOINS