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Plaque décorative gallo-romaine

Musée de Dinan

Dinan

Archéologie - Histoire - Patrimoine
© Service des musées de Dinan

Dans le premier catalogue des collections du Musée de Dinan, publié en 1850, Luigi Odorici, alors conservateur du musée, présente l’objet en ces termes : « pierre basaltique sur laquelle est sculpté, en demi-relief, un triton, luttant avec un hippogriffe ? Cette sculpture, à l’exception de l’un des angles qui est un peu fracturé, est d’une bonne conservation ; ce débris d’archéologie monumentale a été découvert dans un champ entre Broons et Brondineuf, à 7 lieues de Dinan. Donné par M. l’abbé Gillouard. ». Cette plaque en schiste appartient donc au fonds ancien du Musée de Dinan. Nous ignorons à peu près tout du contexte de sa découverte et de son donateur, nous savons seulement que l’abbé Gillouard fut professeur au lycée des Cordeliers de Dinan vers 1845-1846.

Deux êtres hybrides, aux formes rebondies, composent effectivement le décor de cette plaque : à droite, l’on reconnaît facilement un cheval à queue de poisson autrement dit un hippocampe… et non un hippogriffe comme le décrivait Luigi Odorici. Placé à gauche, un homme, au buste prolongé par deux queues de poisson lui fait face. Il pourrait s’agir d’une représentation de la divinité grecque Triton, ou d’un triton (c’est-à-dire l’un des descendants du dieu Triton) comme le supposait Luigi Odorici.

Dans l’iconographie traditionnelle, le dieu Triton prend la forme d’un homme dont le corps se termine par une double queue de poisson, comme ici. Du reste, il est normalement figuré aux côtés d’un hippocampe et tient dans une main une conque, attribut que l’on pourrait reconnaître dans la main gauche du personnage sculpté sur notre plaque. Fils de Poséidon et d’Amphitrite, Triton avait le pouvoir de déchainer ou de calmer les flots, selon son humeur, en soufflant dans sa conque. Ses descendants, les tritons, sont habituellement représentés chevauchant des dauphins ou des hippocampes, et également accompagnés de conques marines. La plaque du Musée de Dinan se singularise, enfin, par les contours sinueux de ses deux figures, traduisant sans doute une idée de mouvement, et par l’épaisse chevelure de l’homme-poisson qui n’est pas sans rappeler celle des têtes ornant les monnaies coriosolites1 pré-romaines, comme le soulignent Loïc Langouët et Laurent Quesnel.

Les plaques de schiste gravées ou sculptées sont fréquentes sur le territoire breton, notamment chez les Coriosolites. Cinquante plaques de ce type ont été recensées en Bretagne lors d’une étude menée en 1999, elles ont été principalement retrouvées dans des contextes ruraux, mais aussi sur trois sites urbains : Carhaix, Corseul et Rennes. Bien souvent, elles sont associées à des installations privées et publiques, plus particulièrement à des espaces thermaux, dont les datations
s’étalent du 1er au 4ème siècle de notre ère. La plaque de schiste conservée par le Musée de Dinan provient, quant à elle, d’un site gallo-romain, localisé au lieu-dit Carhalo, « dans un champ entre Broons et Brondineuf » comme l’indique Luigi Odorici. Le site archéologique de Carhalo fut occupé durant tout le 3ème siècle3 et a livré, en sus de cette plaque, des fragments de tegulae, d’imbrices, de céramiques ainsi que des débris de ciment et des monnaies remontant aux époques de Gallien, de Postume et de Tétricus.

Mise au jour avant 1850, la plaque de schiste du Musée de Dinan devait, primitivement, décorer une villa gallo-romaine, peut-être une pièce dévolue aux bains compte tenu du sujet représenté. Une encoche de fixation par un clou ou une patte, visible au milieu du côté supérieur de la plaque, prouve qu’elle était à l’origine fixée à un mur. Le choix du schiste pour sculpter ce décor n’est pas anodin. À cette époque, les plaques en schiste sont nettement majoritaires en Bretagne armoricaine par rapport aux autres matériaux comme le marbre, ou le calcaire. Il s’agit d’une roche locale, très présente dans le massif armoricain, que les sculpteurs gallo-romains travaillent bien mieux que le marbre qui est, du reste, un matériau importé. Le schiste est facile à scier et son grain permet d’obtenir des sculptures en bas-relief relativement fines.

À quelques kilomètres de Dinan, le centre d’interprétation CORIOSOLIS expose deux autres plaques de schiste, de même format et probablement de la même époque, issues d’une ancienne villa gallo- romaine située aux Sables d’Or sur la commune de Fréhel. La première de ces plaques présente en son centre le motif du soleil radié encadré par deux peltae, de petits boucliers en forme de croissants. Le décor de la seconde plaque comporte également un soleil radié encadré, cette fois, de quatre boucliers hexagonaux. Le motif du soleil radié était largement utilisé dans les décors des 2ème et 3ème siècles. L’essor de ce motif pourrait être lié aux efforts entrepris par l’Empereur romain Aurélien pour imposer le culte d’un dieu unique : Sol Invictus, le Soleil Invaincu, à une époque où le polythéisme est remis en cause.

Le service des musées de Dinan

Bibliographie

LANGOUET Loïc, QUESNEL Laurent (dir.), « Les plaques décorées en schiste de la Bretagne
armoricaine sous l’empire romain », Revue Archéologique de l’Ouest, Volume 17, Numéro 1, 2000,
p.215.

MOUSSEAUX Rose-Marie, Des Antiques à Dinan : à la redécouverte d’une collection méconnue,
Mémoire de recherches appliquée en « antiquités méditerranéennes », sous la direction de M. Jean-
Luc Martinez, Ecole du Louvre, Paris, 2004.



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