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Portrait de Jean-Yves Veillard, devant l'écomusée du pays de Rennes, par Alain Amet

Portrait de Jean-Yves Veillard, devant l'écomusée du pays de Rennes, par Alain Amet

Hommage de Philippe Le Stum à Jean-Yves Veillard

Nous publions ici, en accord avec Philippe Le Stum, conservateur du musée départemental breton, un hommage rendu à Jean-Yves Veillard et adressé à ses collègues du Musée de Bretagne. Ancien conservateur du Musée de Bretagne, Jean-Yves Veillard s’est éteint le 25 mars 2020.

 » Chers collègues du Musée de Bretagne,

J’ai appris avec beaucoup d’émotion la mort de Jean-Yves. Chacun sait à quel point il aura marqué l’histoire et le développement des Musées de la Région et singulièrement la transformation du Musée de Bretagne auquel il a pratiquement dévoué son existence. Il fut le fer de lance le plus efficace de la création des Champs Libres. Je me souviens de l’enthousiasme avec lequel il développait devant nous son projet. Margareth et moi le voyons encore débarquant sur l’Ile de Groix portant dans ses bras la maquette du futur édifice, heureux de la présenter à ses collègues de l’Association des Conservateurs des Musées de Bretagne.

Il envisageait la vie muséographique régionale comme une entreprise collective à laquelle il eut à cœur d’associer un grand nombre de ses collègues quelle que soit la taille de leur établissement. Notre première entrevue eut lieu dans l’auditorium du Musée de Bretagne dans le cadre de la préparation de l’exposition « Les Bretons et Dieu », de l’Association Buhez, alors que j’étais encore étudiant en Histoire. J’étais fort impressionné.

C’est dans le droit fil de ses entreprises collectives que vit le jour la première grande exposition consacrée au mouvement  nationaliste Ar Seiz Breur.

Jean-Yves était un homme de caractère avec lequel travailler n’allait pas toujours sans heurts : c’est qu’il était aussi un homme de conviction, d’expérience, sachant défendre ses choix avec énergie et opiniâtreté. Quoiqu’il en soit les échanges étaient toujours passionnants et c’est un honneur que d’avoir partagé des projets avec un tel collègue. Jean-Yves était de cette génération pour laquelle un conservateur de Musée se doit d’être aussi un chercheur. On lui doit des travaux définitifs sur l’histoire rennaise et d’avoir mis à disposition de tous, en le publiant pour la première fois, le célèbre manuscrit de Christophe de Robien. Il prit aussi l’initiative et la co-direction du Dictionnaire du Patrimoine Breton qui demeure une référence essentielle. Bien que connaissant mal la vie personnelle de Jean-Yves, je sais qu’il s’était dès sa jeunesse engagé en faveur de la défense et de l’illustration de l’identité bretonne. Il fut un vrai militant du mouvement breton. L’UDB dont il fut l’un des fondateurs contribua dans les années 70 à faire naitre ou à entretenir la conscience bretonne chez bien des jeunes de ma génération.  Son dévouement à nos musées puisa certainement sa source et sa force dans cet engagement précoce et constant.

A galon,

Philippe Le Stum,
conservateur du Musée départemental breton «